
Visite guidée du musée
La sépulture gallo-romaine :
La découverte majeure qui a engagé la commune dans
la réalisation d'un musée, est la découverte
fortuite le 5 avril 1972 de deux sarcophage gallo-romains au lieu-dit
le Castellet. Lors des travaux de déviation de la route
départementale 952, le décaissement devait
révéler deux sépultures antiques,
fouillées par R. Moulin.
La première tombe était
constituée d'un sarcophage de plomb disposé dans un
caveau de grandes dalles de pierres taillées dans un calcaire
local. Au niveau du sol une grande dalle marquait l'emplacement de la
tombe, un disque gravé en sur épaisseur
différenciait la tête des pieds. Le mobilier recueilli
au côté du défunt permet de dater cette tombe
entre 340 et 400 de notre ère. Les sépultures en
cercueil de plomb sont rares, cependant elles semblent être
plus fréquentes dans le sud de la France et typique du 4e
siècle. Elles révèlent aussi la richesse et la
notoriété des défunts.
La seconde sépulture accolée à la précédente,
sans doute postérieure, était construite en
maçonnerie de pierres sur trois de ses côtés. Au
niveau du sol deux dalles marquaient son emplacement. Une vingtaine
de clous répartis le long des parois atteste d'une inhumation
en cercueil de bois. Il s'agissait probablement des tombes d'un homme
et d'une femme.
Les céramiques découvertes dans
l'ancien cimetière jouxtant l'église paroissiale de
Saint-Martin :
En octobre 1998 et mars 2000, lors du chantier de
réhabilitation de l'ancien cimetière jouxtant
l'église paroissiale, une fouille a permis la
découverte de nombreux fragments de céramiques
vernissées à décors d'engobes rapportés,
mêlés ou à décors incisés. Il
s'agit essentiellement d'une vaisselle de table composée de
bols ou écuelles à oreilles destinés à la
consommation de soupes et de bouillons. Les thèmes de
prédilection sont les oiseaux, les poissons, les fleurs
(tulipes et œillets) et d'autres dont nous n'avons pas d'exemplaire
ici (comme des décors géométriques, croix de
malte, soleils, décors anthropomorphes).Une vitrine
présente ces fragments de céramiques dans le
Musée communal.
L'oppidum de Buffe Arnaud :
Vingt ans plus tard, en juillet 1992, à nouveau, les
Saint-Martinois avaient rendez-vous avec leur histoire. La
rectification de la route départementale 952 au niveau des
basses gorges du Colostre a permis la découverte et la fouille
d'un site d'époque protohistorique : l'oppidum de
Buffe-Arnaud.
Le site est localisé au confluent du Colostre et
du Verdon dans une position stratégique, protégé
à la fois par un puissant rempart en pierres et par les
abrupts que forment le Colostre et le Verdon, dominant ainsi un lieu
de passage obligé vers Riez, capitale de l'éthnie des
Réii auquel Saint-Martin devait appartenir.
La fouille conduite par R. Chemin, P. Boucard et D. Garcia a
révélé un important mobilier : de nombreuses
céramiques parfois intactes, des
doliums (grandes jarres en
terre cuite contenant des céréales carbonisées)
de fabrications locales. Une meule de type grecque à
va-et-vient en rhyolithe et des oboles marseillaises en argent
témoignent de rapports commerciaux avec la cité
phocéenne. Un
fragment de bracelet celte atteste des contacts
avec des peuples nordiques.
Au niveau de l'architecture, une
tour-porte située à l'entrée du village, unique
en Provence, montre une conception d'origine grecque. Elle corrobore
les relations étroites que ce site de l'arrière-pays
devait avoir avec Massalia.
La chronologie de l'occupation du village
se situe entre la fin du 6e avant notre ère et la seconde
moitié du 2e avant notre ère, moment ou il fut
violemment détruit par un incendie. La présence de
traits de catapultes romaines montre qu'une bataille a pu être
livrée aux habitants de ce fortin lors des campagnes
menées en 124 par le Consul Caius Sextius Calvinus. Cet
épisode devait aboutir à la romanisation de la Gaule
méridionale et la création de la Province de
Narbonnaise en 118 av. notre ère, marquant la fin de la
protohistoire. Il ne reste aujourd'hui rien de ce village gaulois.
La borne milliaire :
Le musée conserve aussi le milliaire de Carus depuis 1983.
Découvert en 1896 dans le sous-sol d'une habitation ; il
s'agit d'une borne cylindrique qui mentionne l'empereur romain Marcus
Aurelius Carus (Narbonne ou Milan 230/ ? 283 après J-C) dans
un calcaire à grain grossier. Elle est datée du 3e
siècle de notre ère. Cette borne jalonnait une voie de
circulation romaine la Via Sextiana, reliant Riez-La-Romaine (Ries)
à Aix-en-Provence (Aquae Sextiae) en passant par
Saint-Martin-de-Brômes. C'est l'une des principales voies de
circulation pour la période antique dans le Verdon.
|